Les pensées d'un homme sur les hommes et leur monde
Je sens que je meurs peu à peu de l'intérieur. Je m'éteins petit à petit. De la flamme qui m'a animé, qui a animé mes passions, il ne reste que des braises à peine rougis par le souffle que l'on m'a insufflé pour la première fois, il y a de cela presque 22 ans. Ce fameux souffle qu'on appelle souffle de vie, qui nous anime et qui nous pousse à vivre nos passions. Le souffle, lui, est toujours là. Mais la passion ? D'abord, qu'est ce que la passion ? Est ce le fait de tomber passionnément amoureux ? Ou bien encore d'être passionné par une activité, une question ou une création humaine ? La passion, quelle qu'elle soit, c'est avant tout, toujours vouloir en découvrir un peu plus, s'en rapprocher, fusionner. Il y a donc une motivation permanente d'aller de l'avant. Et je m'aperçois que cette motivation me quitte... Même s'il y a des jours où elle revient à moi, je me rends bien compte qu'elle me quitte au fil du temps. Sans motivation, il n'y a pas de passion. Sans passion, je ne conçois la vie. J'en suis arrivé à un point où mourir ne me fait plus du tout peur. Je n'ai aucune attache dans ce monde, pas même idéologique. Ma disparition n'affecterait personne. Quelques personnes seraient tristes, mais elles s'en remettraient. Je ne crois plus en l'homme, ni en l'amour. Je suis pessimiste pour l'avenir de l'humanité. Bien sûr, je pourrais finir mes études, avoir une bonne situation, et continuer à écrire de temps en temps. Je finirais par rencontrer quelqu'un, avec laquelle je fonderais une famille. Et après ? A quoi sert tout cela ? Le fait même que je me pose cette question reflète la disparition de ma passion... Peut-être que je suis quelqu'un de trop entier... Peut-être aussi ai-je vécu des choses trop fortes par le passé. Ou bien, peut-être que je les ai vécu de façon trop forte... Quoi qu'il en soit, quelles que soient les causes, les conséquences sont là... Je ne sais pas comment m'en sortir. Je ne sais plus comment m'en sortir. Parfois, j'ai l'impression que ma disparition est proche. En effet, comme le dit la toute première phrase, je suis en train de mourir de l'intérieur...